
ALBUM JEUNESSE
« Un livre » d’Hervé Tullet est le premier livre interactif pour les tout-petits. Comme sur une console de jeu, il faut appuyer sur des boutons, remuer de haut en bas, de droite à gauche, souffler sur les pages… et se laisser emporter par la magie. Même les grands enfants se laissent prendre au jeu. A partager à plusieurs…
ROMAN ADULTE

Il en est en littérature comme en cuisine : il y a des livres que vous dévorez, quitte parfois à faire une indigestion, d’autres que l’on savoure comme de petites gourmandises mais dont le souvenir s’estompe assez rapidement. On en trouve aussi des lourds, si lourds que l’on ne peut les finir, et puis il y a ceux qui demandent un certain effort de découverte. Qui ne s’est pas trouvé désorienté devant un mets inhabituel soit par ses odeurs, ses saveurs épicées ou bien fades, un mélange de connu et d’inconnu ? Ces plats-là, on met souvent un certain temps pour les digérer, non pas parce qu’ils sont mauvais mais parce qu’ils font appels à tous nos sens, à tout notre organisme. Ce sont réellement des plats qui nourrissent dans le sens où ils vous aident à vivre en vous enrichissant. Ces livres-là, chacun a sa liste et on ne sait pas toujours expliquer pourquoi celui-ci et pas celui-là.
« Le nazi et le barbier » d’Edgar Hilsenrath fait partie aujourd’hui de ma liste. On y découvre Max Schultz, allemand, fils bâtard d’une prostituée, qui devient SS, tortionnaire en camp d’extermination et qui à la fin de la guerre endosse l’identité de son ami juif assassiné. L’auteur, lui-même survivant de la Shoah, se permet tout et tout le monde en prend pour son grade : les allemands qui ont pris Hitler pour le messie, les juifs qui n’ont pas su réagir, le philosémitisme de bon ton de l’après-guerre, les alliés, l’argent du marché noir, le sionisme et surtout Dieu le spectateur. Tout y passe de manière crue, le grotesque, l’absurde, l’humour noir côtoyant la poésie et une réflexion sur l’homme, sur la culpabilité, la rédemption, la justice… Pour finir, je souhaiterais dire que dans ce roman, ce qui doit nous indigner, nous choquer reste la Shoah et non pas certains passages outranciers qui ne relèvent que de la pure fiction.
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